Dans Ma Rue, Toodego, Allo Mairie : ce que signalent les habitants de 4 grandes villes
L'équipe Signaleo · 12 octobre 2026

Dans Ma Rue à Paris, Toodego à Lyon, Allo Mairie et « Engagés au quotidien » à Marseille, Pictavie à Poitiers : combien de signalements ces applications reçoivent-elles, et sur quoi ? Nous avons ouvert leurs données publiques. En dehors de Paris, les habitants d'une ville équipée signalent entre 30 et 55 problèmes pour 1 000 habitants chaque année.
Quatre villes qui publient leurs signalements
Peu de collectivités mettent leurs signalements en open data. Nous en avons trouvé quatre avec des volumes exploitables, chacune avec son outil :
- Paris publie les anomalies de l'application Dans Ma Rue, avec trois mois de décalage.
- La Métropole de Lyon publie les signalements de Toodego depuis 2018.
- La Métropole Aix-Marseille-Provence publie ceux d'« Engagés au quotidien », qui regroupe aussi Allo Mairie de Marseille, sur une année glissante.
- Poitiers publie Pictavie depuis 2014.
Les chiffres qui suivent ont été calculés par Signaleo le 12 octobre 2026, à partir de ces fichiers et des populations de l'Insee (geo.api.gouv.fr). Les sources et les licences sont détaillées en bas de page.
Paris, un cas à part
En 2025, Dans Ma Rue a enregistré 1 060 485 signalements. En retirant les rendez-vous d'enlèvement d'encombrants et les saisies des agents, il en reste environ 1 018 000, soit 484 pour 1 000 habitants. Autrement dit, à peu près un signalement par an pour deux Parisiens. L'application existe depuis 2012 et les Parisiens la connaissent : aucune autre ville étudiée n'approche ce niveau.
Sur janvier 2025 à juillet 2026, les objets abandonnés font 42 % des signalements parisiens. Viennent ensuite les graffitis, tags et affiches (23 %), puis la propreté (17 %). Le stationnement et les véhicules ne pèsent que 6 %, la voirie 4 %.
Les sous-catégories réservent quelques surprises :
- plus de 10 000 meubles ou objets infestés de punaises de lit ;
- 21 847 épanchements d'urine ;
- 7 391 signalements de cartouches ou de bonbonnes de protoxyde d'azote ;
- 4 257 cadenas ou chaînes laissés sans leur vélo, et plus de 3 500 boîtes à clés ;
- 2 060 chariots de supermarché.
Lyon : la Métropole répond, les arrondissements signalent
Sur les 58 communes de la Métropole de Lyon, Toodego a reçu 42 782 signalements en 2025, soit 30 pour 1 000 habitants. La ville de Lyon monte à 37. Le 7e arrondissement (57) et Vaulx-en-Velin (47) sont les plus actifs.
Le jeu indique aussi qui a apporté la réponse. Depuis 2018, c'est la Métropole dans 92 % des cas et la commune dans 8 %. C'est logique : la voirie, la propreté et la collecte y sont des compétences métropolitaines. Si vous ne savez jamais qui gère quoi entre votre mairie et votre intercommunalité, notre article communauté de communes : qui gère quoi fait le tour de la question.
Aix-Marseille : un outil qui monte en puissance
Le fichier de la Métropole Aix-Marseille-Provence compte 169 587 demandes sur douze mois. Il mélange de vrais signalements et des demandes de service : rendez-vous d'encombrants, cartes de transport, renseignements. Une fois ces demandes retirées, il reste 75 447 signalements. Ça donne 39 pour 1 000 habitants sur la métropole et 70 pour 1 000 à Marseille même.
Après la collecte des déchets, les familles les plus fréquentes sont les tags (20 529) et le mobilier urbain (17 612). L'usage progresse vite : environ 11 800 demandes en janvier 2026, près de 19 000 par mois en août et en septembre.
Poitiers : la preuve qu'une ville moyenne s'en sert aussi
Avec 4 875 signalements en 2025 pour un peu moins de 90 000 habitants, Poitiers atteint 54 pour 1 000, plus que Lyon ou la métropole marseillaise. Le taux reste entre 46 et 57 depuis 2018 : une fois l'outil connu, les habitants continuent de s'en servir. Sur douze ans, les déchets et la propreté arrivent en tête (14 027 signalements), devant la tranquillité publique (10 319) et l'éclairage (4 992).
Ce que ces chiffres disent à une commune
Paris mis à part, une ville équipée d'un outil de signalement reçoit donc 30 à 55 signalements pour 1 000 habitants par an. Pour une commune de 10 000 habitants, cela représente 300 à 550 problèmes signalés chaque année. Une bonne partie de ces problèmes existe sans doute déjà dans votre commune. Sans canal simple, ils ne remontent pas jusqu'à la mairie.
C'est ce que propose Signaleo aux communes qui n'ont pas d'application à elles. L'habitant signale en quelques secondes depuis le web ou l'application, avec une photo et sa position, et le signalement part à la bonne mairie. Pour les élus et les services, la page Signaleo pour les mairies présente l'outil côté commune. Pour les habitants, c'est gratuit, et vous pouvez signaler un problème à votre mairie dès maintenant.
Sources et méthode
- Paris : Dans Ma Rue, anomalies signalées, Ville de Paris, licence ODbL. Contient des informations de la base Dans Ma Rue, disponible sous Open Database License.
- Lyon : signalements Toodego, Métropole de Lyon, Licence Ouverte 2.0.
- Aix-Marseille-Provence : signalements « Engagés au quotidien », Licence Ouverte 2.0.
- Poitiers : Pictavie, signalements depuis 2014, Ville de Poitiers, Licence Ouverte.
Les taux rapportent le nombre de signalements d'une année (2025, ou les douze derniers mois pour Aix-Marseille) à la population actuelle. Pour Paris et Aix-Marseille, nous avons retiré les demandes de service qui ne sont pas des signalements. Lyon et Poitiers ne permettent pas ce tri, leurs taux sont donc bruts. Chaque ville classe ses signalements à sa façon : les comparaisons de catégories d'une ville à l'autre donnent des ordres de grandeur, rien de plus.
Un trottoir défoncé, un dépôt sauvage ou un lampadaire éteint près de chez vous ? Signalez le problème à votre mairie en quelques secondes.
Photo de couverture : « airbnb (Paris) » par C. B. Campbell, sous licence CC BY 2.0.


